CORONAVIRUS / LA JEUNESSE S’EXPRIME – Etudiante et caissière en grande surface, Jade* nous livre son témoignage…

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En cette période de confinement, SODA Magazine offre aux jeunes, la possibilité de s’exprimer sur le sujet du Coronavirus. Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir le témoignage de Jade*, étudiante et caissière en grande surface.

“Je suis étudiante, mais également caissière dans une grande surface de Pontarlier les jours où je ne suis pas à l’école. Je vais vous raconter comment j’ai vécu et comment je vis cette période de crise du Covid-19 en tant que salariée de la grande distribution.

Avant le discours du 12 mars, nous travaillions presque comme d’habitude au sens sanitaire. Le virus était déjà arrivé en France mais nous n’avions que pour seule protection du gel hydroalcoolique disponible à chaque caisse. Ce n’est qu’après celui-ci que des gants ont été mis à la disposition des salariés.

Le port des gants a été l’occasion pour moi de me rendre compte à quel point tout ce que nous touchons durant une journée est sale. Mes gants étaient noirs. Les billets, les pièces, en étaient les principaux responsables. Nous avons donc commencé à suggérer et à privilégier l’utilisation de la carte bancaire aux clients.


Une journée horrible où les gens affluaient en trop grand nombre…


La journée avant le 2e discours du 16 mars était une journée horrible pour nous tous. Les gens affluaient en trop grand nombre. Nous étions toutes entourées par un amas de clients, agglutinés les uns aux autres, les caddies débordants de chaque côté. La plupart ? Sans masques, sans gants. Et les distances de sécurité, n’en parlons pas. La cadence était insoutenable, nous n’arrivions plus à en voir le bout. La panique était le thème principal du jour.

Dès que le confinement total a été annoncé, le magasin est tout de suite devenu plus calme. Pourtant, un trop grand nombre de personnes étaient encore là, malgré le confinement. J’en ai été, et suis toujours choquée de voir combien viennent faire leurs courses sous ce climat de dangerosité. J’allais au boulot avec cette angoisse de pouvoir attraper le virus par la faute de l’inconscience de certains. Les responsables n’étaient guère plus rassurés que moi.

L’une des choses qui m’a le plus décontenancé était l’absence de masque (ou de vitre pour les caissières). Je peux très bien comprendre que la priorité concernant la distribution des masques revient au corps médical : c’est normal. Malgré tout, je trouve que nous sommes également en première ligne concernant l’affluence de malades. Chaque être humain peut potentiellement être contaminé, et ce, même sans le savoir peut ainsi contaminer un nombre assez important d’autres. Nous étions, et sommes tous en danger malgré nous.


Dans l’obligation de quitter mon poste…


Détenant malheureusement un facteur à risque concernant l’exposition au Covid-19, j’ai été dans l’obligation de quitter mon poste afin d’assurer ma survie. La situation devenait beaucoup trop instable pour prendre des risques me concernant et mettre en danger ceux que j’aime. J’avais et ai toujours peur de ce qui peut arriver.

Pourtant, pour certains clients, venir au magasin n’était même pas une nécessité première. Juste une occasion de sortir et de prendre l’air, de voir du monde. Pour d’autre, l’occasion de dévaliser les rayons et d’acheter 30 kilos de farine et 20 paquets de pâtes et ainsi priver les autres pour qui il pourrait vraiment manquer des vivres essentiels.

« On ne va pas s’arrêter de vivre quand même ! » Et bah justement tiens, si, c’est en pensant comme ça qu’elle risque d’être retirée cette vie si précieuse. J’en connais qui aimeraient « s’arrêter de vivre » et se sentir en sécurité chez eux, profiter de leurs proches avec qui ils seraient confinés. Pourtant ils sont là, à te passer tes articles, où à les mettre en rayon. Il est alors du devoir de chacun de se protéger et de nous protéger, ceux qui n’ont rien demandés. Limitez AU MAXIMUM vos déplacements et donc vos achats.


Je prend ce confinement de manière très positive…


Maintenant, je suis passée du côté de la salariée au statut de « jeune ». En ayant connu et côtoyé un certain « danger », je prends ce confinement de manière très positive. Il est pour moi l’occasion de faire le point sur ma vie et de me retrouver. Aussi, j’en profite pour refaire mes playlists, développer mon côté artistique, réviser mes cours, réorganiser ma chambre, et faire le tri dans mes penderies. Profitez de cette période de calme pour tenter de nouvelles expériences (depuis chez vous, bien sûr).

Enfin, un dernier mot pour tous les lecteurs : rester chez vous est le meilleur moyen de vous protéger et de protéger votre famille. Je vous comprends, il y en a marre de cette phrase. Mais posez vous seulement les bonnes questions.

Est-ce qu’il est préférable de passer cette crise enfermée chez soi avec ses proches, ou bien enfermés seul à l’hôpital à cause d’un paquet de pâtes manquant pour cuisiner vos pâtes carbonara ?

Je tiens donc à terminer ce témoignage par des remerciements. Bien évidemment, j’adresse mon respect et mon plus grand soutien à toutes les personnes dans les hôpitaux, les infirmières, les aides-soignants, les chirurgiens, les médecins. En bref, au corps soignant qui se démène et se met en danger pour sauver ce qui pourrait être nos proches, notre famille, nos amis.

Mais également, je tiens à féliciter tous mes collègues les salariés de la grande distribution pour leur courage et leur motivation dans cette période difficile.

Prenez soin des autres, mais surtout de vous.”

*Jade : Prénom d’emprunt / Photo d’illustration

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