PSYCHOLOGIE/SEXUALITE – Le harcèlement sexuel à l’école

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Ces dernières semaines, les médias ont beaucoup parlé du « jeu de l’olive », nouvelle attraction star des cours de récré. D’apparence innofensif, ce « jeu » qui consiste à mettre un doigt entre les fesses d’une personne penchée, a pourtant récemment été condamné par le corps enseignant mais surtout par la justice. Jugé en comparution immédiate, un lycéen de Meurthe et Moselle s’en est sorti avec 48 heures de garde à vue et une condamnation à 35 heures de travail d’intérêt général. La raison en est simple : ce jeu est considéré comme une forme de harcèlement sexuel. L’occasion pour nous de faire un point sur cette forme de harcèlement peu courante et taboue. 

Selon notre sondage, réalisé auprès de 159 collégiennes, lycéennes et étudiantes, plus de 30% des personnes interrogées affirment avoir déjà été victimes de harcèlement sexuel (gestes ou paroles). 59% d’entre-elles déclarent d’ailleurs que ces agressions se sont passées au sein même de leur établissement scolaire (voir les résultats ci-dessous). 

Alors comment reconnaître ce type de harcèlement ? Et comment différencier une simple plaisanterie entre amis d’une agression ? Pour répondre à ces questions, il suffit de s’en poser une seule : Suis-je consentant(e) ? Se faire embrasser sur la bouche sans permission, qui s’apparente bien à un baiser forcé et non volé, se faire toucher les fesses, ou toute autre partie du corps sans consentement, ne sont rien d’autre que des violences portant atteinte à la dignité, à l’intégrité physique et psychique. Il en est de même pour les sifflets et remarques sexistes sur une tenue vestimentaire. Tous ces actes sont punissables par la loi.

Si les médias parlent beaucoup plus souvent de harcèlement sexuel envers les filles, les garçons sont, eux aussi, concernés par ce phénomène ! Le jeu du « chat bite » en est un exemple  ! Ce jeu potache qui consiste à prendre son camarade par surprise en lui attrapant les parties génitales de façon souvent violente est également considéré comme une forme de harcèlement sexuel. 

Afin de permettre aux élèves harcelés et victimes de sexisme de s’exprimer et de partager leurs expériences, une page Facebook « Paye ton bahut » a vu le jour et recense aujourd’hui des centaines de témoignages. Elle est basée sur le même principe que la page « Paye ta schnek » qui dénonce les violences physiques et psychologiques faites aux femmes. Ces pages permettent aux personnes harcelées de se confier anonymement par messagerie privée tout en profitant de conseils pour se défendre contre ce type de comportement. Le principal conseil à retenir est de ne jamais se laisser faire et de tout de suite réagir aux attaques verbales ou physiques. Il est important de stopper immédiatement l’agresseur pour l’inciter à ne pas recommencer. Et surtout si l’on est témoin de ce genre d’agression il faut réagir et ne pas rester passif puisqu’il s’agit là d’une forme de complicité au harcèlement sexuel. ■

Léna BILLEREY (MinDev) pour SODA Magazine.

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